Infection par le VHC : le consensus US , ICAAC Toronto 0ctobre 97

 

Des sessions qui se sont rapportées au VHC, on peut retenir

comme message que devant la faible efficacité de l'interféron au

cours du traitement de l'hépatite C, il faut être modeste dans les

indications, et ne traiter que les patients qui ont une réelle chance

de guérison et ceux qui ont des critères de gravité histologique en

faveur d'une évolution rapide vers une hépatite cirrhogène. Les

autres patients doivent pouvoir attendre l' avènement de nouvelles

molécules, et en particulier le développement d'inhibiteurs de la

protéase du VHC.

Clairement, le traitement de l'hépatite C est recommandé sans

équivoque à tout patient ayant une cytolyse avec élévation des

ALAT, une PCR positive, une fibrose ou une inflammation à la

PBH. La deuxième situation où le traitement est recommandé

sans équivoque est le tableau d'hépatite C aiguë en voie d'incuba-

tion.

Dans les autres groupes de patients, une indication thérapeutique

peut être discutée, mais une surveillance par PBH tous les 3 à 5 ans

est une alternative acceptable-

Pour les patients co-infectés VIH-VHC, l'hépatopathie semble

avoir une évolution plus rapide que chez le patient non infecté par

le VIH. Pour cette raison, chez les patients en bon état clinique

avec un bon profil viro-immunologique montrant le contrôle de

leur maladie, un traitement par interféron doit être proposé, et ce

d' autant plus que le taux de succès dans le groupe de co-infection

VIH-VHC est identique à celui des patients non infectés par le

VIH lorsque le taux de CD4 est supérieur à 200/mm3.

En matière d'hépatite C, gardons à l'esprit que l'absence de

cytolyse n' exclut absolument pas une hépatopathie grave sous-jacente.

Il y a donc indication à une PBH lorsque la PCR est positive, même s'il n'y a pas de stigmate de cytolyse; en revanche,

lorsqu'il existe d' emblée une contre-indication au traitement, la

PBH n' a plus d'indication.

En matière de diagnostic sérologique d'infection par le virus de

l'hépatite C, notons que dans certains groupes, en particulier

co-infection VIH-VHC, il semblerait qu'il y ait de nombreux séro-

négatifs avec une PCR positive (jusqu'à 15 % (M. Alter, CDC,

Atlanta, USA). Enfin, en matière d'amplification génomique, il

semble qu'il y ait d'importantes variabilités entre les techniques

Amplicor et bDNA, ou "homemade PCR", ce qui n' est pas sans

poser des problèmes d'interprétation dans le résultat des essais-

Concernant la transmission sexuelle de l'infection par le VHC, le

taux semble très bas, inférieur à 10 %; les facteurs de transmission

sont toujours inconnus. Si aujourd'hui il ne semble pas indiqué de

proposer des mesures de protection au sein des couples stables,

elles sont en revanche plus que jamais d' actualité dans les groupes

à risque.

En matière de traitement, rappelons que la 3TC n'a absolument

aucune action sur le VHC, et qu' en termes de traitement par inter-

féron, on évolue plutôt vers l'escalade des doses jusqu'au seuil de

tolérance et vers l'allongement des traitements jusqu'à 18 mois.

Par ailleurs, les vaccinations contre l'hépatite A et B sont à

proposer chez les patients atteints d'hépatite C.

Actuellement, le CDC ne prend pas position concernant l'apti-

tude de chirurgiens qui seraient virémiques pour le virus de

l'hépatite C en raison de l' absence actuelle de paramètres évaluables

en termes de transmission.

N. Singh (Medical Center, Pittsburgh, USA) s' est intéressé à la

qualité de vie et au statut fonctionnel des patients transplantés

hépatiques pour hépatite C, et montre qu'après 12 mois de suivi

les patients transplantés semblent tirer un moins grand bénéfice

en termes de qualité de vie par rapport à d' autres transplantations

d'organes ; cela est essentiellement lié à la rechute de l'hépato-

pathie sur le greffon.

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